Jean Paul Boyer

Jean Paul Boyer (1921- 1974)

Son père Scipion Boyer,"confiseur d'olives" avait dû renoncer à l'usine familiale à cause de la crise née de la guerre 1914-1918.

Dès la paix signée, étant attiré par le cinématographe, il créa à Redessan la première salle obscure de la région.

En quelques années, il mit en exploitation une véritable "chaîne" de cinémas.

C'est dans une de ces salles que le petit Jean-Paul, à l'imagination fertile, et par une sorte de gymnastique graphique, imagina une caméra à qui l'on confiait le départ et l'arrivée d'une action, et qui, elle-même, réalisait les dessins intermédiaires indispensables à l'animation du personnage ou de l'objet.

L'industrialisation du dessin animé fut rendue possible en France grâce à cette invention.

Une autre activité de Jean-Paul devenu adulte, fut la restauration des premiers films tournés par les frères Lumière et d'autres cinéastes moins connus, pionniers du reportage filmé.

Il inventa par la suite un procédé de reproduction et redonna ainsi une deuxième vie à des films qui, sans lui, ne seraient plus que des lambeaux de pellicules.

La Cinémathèque Française ainsi que des compagnies étrangères telles que la Fox, la Métro, la Warner, ont eu recours à ses services pour régénérer leurs grands films du passé.

On lui doit également la colorisation, image par image, de certains films qui attestent la minutie et la qualité exceptionnelle de son travail.Son nom et l’adresse de son laboratoire figurent d’ailleurs dans les génériques.

Tous ces travaux nécessitèrent en 1960, l'aménagement dans l'ancienne usine familiale, d'un laboratoire dans lequel s'affairaient auprès de lui son épouse Laure et son fils Jean-Pierre prématurément arraché à la vie, tous deux le secondant avec une maîtrise parfaite.

Enfin, il créa le "Musée Européen de l'Histoire du Cinéma" qu'il installa dans des locaux annexes près de son habitation.

La mort, après une longue maladie, vint l'enlever à Redessan, où il repose dans le cimetière communal.

Tous les appareils de développement, de reproduction, de projection, qu'il avait inventés se trouvent actuellement à la Cinémathèque Française, les films en dépôt au laboratoire, légués au service des Archives du Film de Bois d'Arcy, près de Paris.